UNE TEMPETE POUR UNE NOUVELLE DIMENSION.


L’admission à une nouvelle classe est généralement précédée d’une épreuve que nous connaissons sous le nom d’examen. Nous y accordons une importance capitale car il représente le couronnement des efforts que nous avons consentis durant toute une année.

Le progrès dans nos relations avec Dieu semble épouser le même schéma. Chaque fois qu’il nous faut grandir dans la foi, des évènements, le plus souvent, que nous n’avons pas anticipes, pour lesquels nous ne pensons pas être préparés, surviennent dans nos vies. Ils mettent à nu nos faiblesses et étalent sans pitié nos limitations. L’opinion de force que nous avions de nous est partie en fumée et l’estime pour notre niveau de spiritualité se détériore démesurément jusqu’à ce que nous saisissions le bien-fondé de cette étape dans notre marche avec Le Seigneur.

C’est ce que l’histoire de la tempête apaisée nous enseigne. En nous inspirant de la version de l’évangile de Marc, plus succincte, plus dépouillée, pour s’être tenue à l’essentiel, nous nous trouvons en présence de disciples heureux avec leur Maitre après une longue journée de travail. Mais l’invitation à passer de la rive occidentale à la rive orientale de la mer de Galilée, à la tombée de la nuit, n’était pas reçue sans appréhensions. Car, pour les juifs, les eaux de la mer représentaient le lieu du péché et du mal, parce qu’à la différence de la terre ferme, l’eau est par excellence le lieu de l’instabilité.

Ce qu’ils craignaient était effectivement arrivé. Au beau milieu du lac, à une bonne distance des deux rives, une tempête se déclenche. Toutes les conditions s’installent pour qu’ils soient pris de panique : leur visibilité est réduite, les vents sont violents, la barque est malmenée par les vagues et commence à prendre de l’eau. Ils voient la mort en face tandis que celui de qui ils ont eu l’invitation affiche une indifférence totale. Il dort alors que nous périssons, disaient-ils.

Cette tranche de ce récit nous fait penser à certaines de nos situations à effets perturbateurs et déstabilisateurs où nous nous demandons où est Dieu qui nous a promis d’être toujours avec nous ?

En questionnant la passivité du Maitre devant le danger de mort qui les guettait : Ne t’inquiètes-tu pas de ce que nous périssons ? (Marc 4 :38b) ; Celui –ci menaça le vent et demanda à la mer de se calmer. Puis Jésus les blâma comme s’il n’y avait aucune raison pour eux de s’alarmer.

« Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi » ?

La conclusion de ce récit démontre incontestablement que nous ne pouvons pas grandir et atteindre la maturité dans notre relation avec Dieu en étant dans notre zone de confort. Nos réalités de tous les jours ne nous permettent pas de découvrir la profondeur et l’étendue de celui que nous servons. Nous devons être exposés à des situations nouvelles, différentes et difficiles. Il y va de notre croissance spirituelle et de notre entière dépendance du Seigneur.

Dieu est dans nos intérêts quand nous sommes pris par les flots tumultueux de cette vie et qu’il choisit de nous communiquer par son silence. Ce faisant, il travaille notre maturité, il nous met en face de nos incapacités, il nous aide à le découvrir dans une nouvelle dimension, il enrichit notre vision sur l’autorité dont il dispose.

Les tempêtes qui s’abattent sur nous, loin de nous terrasser, nous invitent à enlever nos yeux sur le monde extérieur qui nous déstabilise pour les concentrer sur la capacité de notre Dieu. Par elles, celui qui nous appelle à le servir nous enseigne que la foi est indépendante de notre conscience du monde qui nous entoure. Nous sommes invités, à travers les épreuves, à croire que tout se terminera bien quelle que soit la gravité de la réalité que nous vivons. Les vents violents ne nous détruiront pas ; ils feront de nous des chrétiens sereins qui ne se focalisent plus sur la manifestation de ce qui est douloureux mais sur l’engagement de celui qui promet de faire que tout concoure au bien de ceux qui se confient en Lui. Ainsi nous pouvons déclarer que chaque nuage a toujours sa frange d’or et chanter sans crainte d’être démentis : Ak kris nan bak nou, nou pa pe tanpet la. (Avec Christ dans notre barque nous ne craignons pas la tempête).

Amen.

ECERES.

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